Après nos aventures en Islande, il était temps de partir vers de nouveaux horizons. On voulait marquer un vrai contraste avec l’Islande, où le froid, le vent et la pluie faisaient partie de notre quotidien.
Mais où partir ?

En plus d’être une destination avec un climat agréable la majeure partie de l’année, le Maroc est bien connu des voyageurs à moto, le pays est surtout connu pour ce qu’il apporte au monde de la moto, et notamment du Rallye Raid. Ce sera l’occasion pour nous de pouvoir nous challenger sur un type de terrain différent de l’année dernière, tout en découvrant une culture qui nous est encore inconnue.

« Mi-Avril, départ de Paris direction Barcelone pour mille kilomètres de routes à parcourir en 10 heures maximum ! On est déjà sous pression, et le ferry qui doit nous emmener jusqu’à Tanger au Maroc ne nous attendra pas. Nous serons d’ailleurs les derniers à franchir les portes du bateau, c’était moins une! » Bryan

 

TANGER, MAROC

Après 28 heures de Ferry depuis Barcelone à essayer de dormir le mieux possible, sans grande réussite, nous voici bien arrivés à Tanger Med au Maroc.

Il est plus d’une heure du matin et on rentre facilement dans le pays, en s’acquittant des formalités administratives directement dans le bateau.

Pas de GPS pour ce road trip : on navigue à la carte essentiellement.

“Cela fait plusieurs heures que nous essayons de trouver notre chemin, en vain. On tombe face à une station-service, on ravitaille les motos, et on décide de choper l’autoroute la plus proche dans le but d’être à peu près bien positionné pour attaquer la journée de demain. On finit par s’endormir à même le sol, sur un parking d’autoroute. C’est loin d’être l’endroit le plus confort, et je dois t’avouer que je ne suis pas dans mon assiette. Entre l’insolation que j’ai chopé sur le bateau, et les difficultés à se repérer depuis notre arrivée sur les terres marocaines, j’ai besoin de souffler un coup et de me reposer, histoire d’attaquer ce road trip dans les meilleures conditions. ”

 

Trois heures plus tard, le soleil se lève, et le chant des oiseaux me réveille. Je laisse Clément dormir encore un peu. Je fais les 100 pas, histoire de me réchauffer un peu.

Direction Tétouan, petit café sur place (tu connais) puis on met le cap sur Chefchaouen, notre premier vrai objectif de ce voyage. C’est une ville connue ici au Maroc pour ses maisons bleues atypiques. On en profitera également pour manger dans un chouette restaurant offrant une vue sur toute la ville.

Le soleil cogne, on a perdu l’habitude. La suite de la journée se déroulera sans encombre, entre contrôles de police et premières pistes Off-road de ce voyage. Une chose m’a marqué : c’est la verdure tout autour de nous. Cela ne correspond pas à l’image que je me faisais des paysages marocains. C’est une agréable surprise d’évoluer dans des vallées d’une telle beauté.

On atteint la ville de Fès sur les coups de 19 heures. Malgré les milliers de personnes présentes en ville ce jour-là, et le nombre incalculable de soldats barricadant la ville en raison de la présence du Roi Mohamed VI, on arrive à trouver un hôtel pour ce soir.

Cela fait plusieurs jours que nous sommes sur la route, et nous n’avons pas encore eu l’occasion de prendre une vraie douche. Une nuit dans un vrai lit sera également appréciée. On a besoin de recharger les batteries, aussi bien électriquement, que physiquement et mentalement parlant.

 

LE PARC NATIONAL D’AGUELMAM AZIGZA

Après une excellente nuit de repos, on attaque la journée.

“Bon, il est midi et je dois t’avouer que le lit ultra confortable de l’hôtel nous a aspiré ! On prend le temps de laver les motos, on fait le plein et on se met en route vers le parc d’Aguelmam Azigza qui sera la première vraie découverte de ce voyage me concernant. Nous traversons des vallées d’une beauté à couper le souffle, entre routes goudronnées et pistes en construction…
Tout est parfait, trop parfait : j’ai l’impression que tout a été planté au millimètre par l’homme…La nature est vraiment incroyable!”

On croise des bergers et dans chaque petit village des enfants nous courent après, le sourire aux lèvres. Certains d’entre eux nous tapent dans la main quand on passe. C’est un vrai échange de bonne humeur et de sympathie qui se transmet autrement que par les mots. Des moments simples mais marquants, surtout pour Balou et moi.

Malheureusement, là d’où l’on vient en Europe, ce genre d’échanges ne fait plus vraiment partie du quotidien

Le soleil commence à se coucher, et les premières VRAIES pistes off-road de ce road trip sont enfin sous nos roues ! Malgré la fatigue qui commence à se faire sentir, c’est l’occasion pour Balou et moi de vraiment pouvoir se faire plaisir : gros gaz sur flancs de vallées … un pur moment de bonheur à moto!

“Cette piste semble interminable. Je m’arrête et propose à Clément de camper ce soir ici-même : en hauteur, non loin de la rivière.
Le spot était tellement magnifique qu’il ne pouvait refuser.”

On gare les motos à proximité, et on prépare le campement.

La nuit tombe rapidement ici en montagne. On installe les tentes et on récupère du bois pour allumer un feu. La température a énormément chuté, il est temps pour nous de se mettre au fond des sacs de couchage et de fermer les yeux.

 

CIRQUE DE JAFAR

Une nouvelle journée commence : on se lève, on ravive le feu de la veille, et on se prépare tranquillement.

On descend à la rivière pour se rafraîchir un peu, on enfile nos sacs, et on attaque la piste d’hier.

On décide de prendre la direction du Cirque de Jafar : une section que l’on ne peut emprunter qu’avec des véhicules spécifiques (4X4, moto, buggy).Les Africa Twins devraient passer facilement là-dedans…

Un local mettra fin à nos galères pour trouver l’entrée de la piste en nous indiquant la direction.

Changement d’ambiance radical : les pistes en terre laissent place à un espèce de sable rocailleux et poussiéreux. Cela nous demande plus de vigilance, car l’adhérence est différente par rapport à ce qu’on a l’habitude de rouler. Une manœuvre délicate nous fera d’ailleurs perdre plusieurs heures.

En effet, Clément en voulant faire un demi-tour, s’est retrouvé en bas d’un bord de piste avec l’Africa Twin. Par chance, 2 motards espagnols qui passaient par là nous aident à remonter la moto. Mais Clément glisse, et retombe la lèvre sur la bulle de l’Africa Twin. Résultat : une lèvre coupée et pas mal de sang qui coule.

“Sans même prendre le temps de regarder sa blessure, je grimpe sur sa moto afin de la sortir de l’endroit où elle est tankée. Une fois le problème résolu, on nettoie la plaie de Balou et on reprend la route avec un rythme moins soutenu. Le but est de sortir d’ici sain et sauf, et d’atteindre la ville avant la nuit. Il faut également que l’on trouve une pharmacie afin de mieux désinfecter la plaie mais on terminera dans un restaurant, pour manger un bon poulet griller avec des frites.”

 

Cette pause nous a fait du bien à tous les deux. Malgré le temps menaçant et le soleil qui se couche, on décide de tirer un maximum en direction de Merzouga, même si je ne pense pas que l’on y arrivera ce soir.

La nuit est maintenant bien tombée et on n’y voit plus rien. On est à Erfoud, non loin de Merzouga. L’objectif initial n’est pas atteint mais ce n’est pas grave.

Pour ce road trip, la notion de temps ne fait clairement pas partie du voyage.

On n’est pas pressés, même s’il est toujours bon de garder une certaine ligne directrice tout le long du trip. Je sais que beaucoup ne voyagent pas de cette manière-là, mais c’est ma façon de faire et de me challenger, d’une certaine manière.

On s’arrête sur un bord de route, dans le noir complet pour chercher un endroit où dormir cette nuit. Deux silhouettes approchent dans le noir:
« ah bah si c’est eux, je te l’avais dit! » Incroyable, deux abonnés à la chaîne ont réussi à nous reconnaître dans le noir le plus complet. Ils sont au Maroc car ils participent au “Maroc Desert Challenge”, un genre de Rallye amateur. On va devoir trouver rapidement un lieu à l’abri du vent et de la tempête de sable qui arrive sur nous. On finira la soirée au restaurant, tous ensemble dans le même hôtel avant d’aller se coucher, assez tôt d’ailleurs. Ils reprendront la route tôt le lendemain matin pour une nouvelle étape de course.

 

LES DUNES DE SABLES DE MERZOUGA

The Le soleil semble être de retour malgré les fortes rafales de vents encore présentes. Tous les touristes de la veille ont déserté l’hôtel, on en profite pour piquer une tête dans la piscine, avant de charger les motos et de reprendre la route.

Avant de prendre la direction de Merzouga, on aimerait trouver un garage afin de changer le pneu arrière et les plaquettes de frein de Clément. A peine 200 dirhams (20 euros) et une heure de travail plus tard, la moto est prête!

Le désert approche, on le voit, on le sent. Plus aucune végétation en vue, place aux grandes étendues de sable avec les premières dunes qui apparaissent. On n’a que 60 kilomètres de route à parcourir, mais ça ne va pas être de tout repos. La tempête de sable de la veille s’est intensifiée, à tel point que l’on peut observer des tornades sur le bord de la route ! On a énormément de mal à garder les motos droites. Le sable pénètre dans nos narines, et nous les ponce littéralement. En prime, un arrière-goût métallique des plus désagréables s’installe dans nos gorges. Ces conditions nous obligent à marquer un nouvel arrêt, et à attendre que tout cela se calme.

Quelques heures plus tard nous voici installés dans un Riad, au pieds des dunes de Merzouga. On décharge les affaires des motos, et on décide de s’attaquer aux dunes ! Malgré le poids de nos motos et notre manque d’expérience sur ce type de terrain, on a vraiment envie de voir ce dont on est capables dans ces conditions.

“Pour un premier essai je suis franchement surpris ! Moi qui pensais que les Africa Twins allaient peiner à avancer dans cet amas de sable… Les premières dunes se dressent face à moi, je met les gaz histoire d’être sûr d’avoir un maximum de puissance pour grimper la dune. Je me dis que ça ne passera jamais… Et pourtant… Elle y va sans problème ! A tel point que le franchissement de la crête me projette directement dans la descente ! Moi qui me voyais m’écraser à la première dune, j’en suis déjà à plusieurs kilomètres de parcourus!”
Je marque une pause afin de voir où se trouve Clément et j’en profite pour prendre quelques photos de ce spot absolument incroyable, avant de faire demi-tour et rentrer au riad. Quelle expérience ! J’ai vraiment envie de revenir ici avec une moto plus légère, et plus de temps à consacrer à ces dunes.”

Le vent se lève de nouveau, et depuis le toit de l’hôtel on aperçoit au loin un mur de sable qui vient en notre direction. Il est temps d’aller se mettre à l’abri.

 

LE DÉSERT DU SAHARA

Un nouveau jour se lève sur Merzouga et la tempête est malheureusement encore bien présente. J’espère que cela ne nous causera pas trop de problèmes pour traverser la partie du désert que nous avons prévu de rider. Objectif d’aujourd’hui : atteindre les environs de Zagora, en empruntant une ancienne trace du mythique “Paris- Dakar”.

Cerise sur le gâteau : le gérant du Riad nous a donné quelques conseils ainsi que certains pièges à éviter durant notre parcours. Il se propose même de venir nous chercher avec son 4X4 en cas de problème. Si ce n’est pas rassurant ça…

Malgré les indications de notre ami, on prend le temps de bien vérifier que nous suivons les bonnes pistes. Étant donné que nous sommes dans le désert, il est facile de se perdre.

On attaque une piste caillouteuse, un vrai RÉGAL ! On roule de village en village, tu discutes avec la population, et tu prêtes plus vraiment attention au tracé.

De toute façon, comme ils disent ici: « c’est tout droit mon ami! »

Alors on continue ! Et c’est là qu’on a dû louper une information.

On se retrouve à contourner une montagne… puis 2, puis 3… Et pour couronner le tout. Des dunes, encore des dunes ! A tel point qu’on ne s’en sort plus. On patine, on est à fond de 2 ou de 3, debout sur les repose-pieds, à sauter sur l’arrière pour chercher du grip… le moindre franchissement devient un vrai problème ! Et tu sais quoi ? Il fait plus de 50°C ! A cela s’ajoute le fait que les Africa doivent faire plus de 250kg chargées… Là c’est vraiment la merde. On est bloqués, en plein soleil, on puise dans le fond des ressources.

“Tu vois l’Islande, on pensait que c’était dur, mais la même situation sous un soleil de plomb, c’est vraiment autre chose ! C’est d’ailleurs la première fois où le doute s’est réellement installé dans ma tête. Là on est vraiment dans une bonne grosse galère”

Trois 4×4 arrivent. « Ça va les gars ? Vous savez que là vous êtes dans la pire partie de la zone ? » Je me disais aussi ! On est bien dans la rivière asséchée, que l’on aurait dû, a la base, contourner. Mais malheureusement, on est en plein dedans… Impossible de faire demi-tour maintenant.

On va devoir traverser l’océan de sable, de dunes, de fech fech sous un soleil de plomb. On était censé éviter les dunes de sable, mais là ce n’est pas franchement le cas… Ils sortent des sangles, tractent nos motos et nous sortent de cette mauvaise situation.

On prend quelques informations supplémentaires sur la suite de la traversée, car ils viennent de là où nous souhaitons nous rendre. Il paraît que nous allons devoir faire face à ce type de terrain, mais qu’une piste arrive bientôt. Il nous faudra encore une bonne heure, avant d’apercevoir un Riad sur notre droite, en plein désert.

On décide de s’y arrêter afin de souffler un peu et boire quelque chose.

En franchissant la porte, c’est l’émerveillement total.

Ce petit havre de paix fera que cette petite pause se transformera en arrêt final pour aujourd’hui. On compte manger et passer la nuit ici, et on en profitera également pour entretenir un peu les motos : nettoyage des filtres à air, contrôle général de la partie cycle, des roulements…

Le cuisinier du Riad devait aller à la ville avec l’apiculteur, il nous propose de faire la route avec lui. Il parait que l’on va pouvoir ravitailler les motos en essence là-bas. C’est parfait, car on commence à vraiment en manquer.

Il ouvre la piste en 4×4 et on le suit. Ravitaillement des motos à Tafraoute, avant de prendre la direction de Zagora, toujours par les pistes.

“Mon gars, je peux te dire que la traversée a été… Rapide ! Bien assis sur l’arrière de l’Africa Twin, la moto bien serrée entre les jambes, fond de 4 dans le désert et un énorme sourire aux lèvres ! La bonne dose d’adrénaline!”

Clément va d’ailleurs littéralement se satelliser en arrivant sur un banc de sable, énorme high side, mais plus de peur que mal!

Après avoir traversé un champ de pastèques et avoir été guidé par un enfant, on attaque ce qui sera probablement l’une des meilleures pistes de ce road trip ! Difficile de poser des mots là-dessus. Le mieux, c’est de regarder directement l’épisode 06 de nos aventures au Maroc.

On mange quelque chose à Zagora, on discute autour d’un thé avec quelques locaux dans un garage, et on se dirige maintenant vers le haut Atlas, que nous allons attaquer dans les prochains jours.

On emprunte la dernière piste de la journée, sous un ciel noir et un peu de pluie.

On sent que l’on quitte le désert : changement d’ambiance et chute considérable de la température, mais c’est tout aussi agréable!

La nuit commence à tomber, et la pluie s’intensifie. On s’arrête du coté de N’koub pour ce soir, en espérant que la pluie se calmera d’ici demain.

 

LES GORGES DU DADÈS

Après avoir pris le temps de traîner dans le jardin du Riad dans lequel nous dormions, on prend la route sur les coups de 13h30. Oui c’est tard, je le sais bien, mais on était tellement bien dans le jardin à discuter qu’on a pris le temps, tout simplement.

Objectif du jour : atteindre les Gorges du Dadès, et plus si possible, en fonction de l’heure et de la météo.

J’ai du mal à trouver la trace que j’avais repérée chez moi. Une voiture s’arrête et l’homme nous montre par où passer dans la montagne, parfait ! On fonce ! L’état de la piste ? Une vraie spéciale d’enduro : des marches de pierres et des énormes caillasses, ça tabasse littéralement ! Vraiment ! D’ailleurs c’est impressionnant de voir comment l’Africa Twin passe aisément là-dedans… Cette moto ne cesse de m’impressionner.

Une fois cette partie franchie, les choses se calment et le bitume refait surface. On attaque des cols de montagne ou l’on dépasse les 2000m d’altitude avec un mix entre terre et bitume. La vue est incroyable, une fois de plus!

Le froid est bien présent ici dans le haut Atlas. On passe de presque 50°C à moins de 10° en un rien de temps ! On se conditionne et on décide de tirer un maximum avant la nuit. La route est chouette, ça s’enroule bien, on traverse pleins de petits villages avec une ambiance beaucoup plus pesante et hostile que ce que nous ressentions jusqu’ici. On sent que les conditions de vies sont bien plus rudes.

19h30, la neige commence à tomber. On décide de jouer la carte de la sécurité et de dormir ici. Un homme âgé, un berbère, gentil comme tout nous accueille chez lui, et nous prépare un Tajine, du thé et un stock de couvertures supplémentaires pour la nuit. On va se coucher tôt ce soir, on en a besoin.

 

TIZI N’OUANO

Réveil au pied du col, sous un froid glacial. A tel point que la neige de la veille a tenu sur les cols de montagne.

Œufs, olives, café, tartines au petit déjeuner, et c’est reparti ! Première étape : rejoindre Agoudal, avec pas moins de 40 kilomètres de pistes. On grimpe à plus de 3200m d’altitude ! La piste est hyper glissante, on a bien fait de s’arrêter en bas la veille. Cela aurait été une bêtise de continuer hier.

“La vue est… incroyable. Ouais je sais j’ai tendance à manquer d’adjectifs pour qualifier ce que j’ai sous les yeux. On a clairement la sensation d’être au-dessus du monde.”

L’essence commence à manquer, et je me trompe de route. On ne s’en rendra compte que 30 kilomètres plus tard. 300 km avec le plein dont presque la moitié en off road à taper dedans… Pas mal, non?!

Le retard s’accumule, il faut que l’on avance. Mais l’objectif que je nous fixe n’est pas réalisable : 378 km alors qu’il est déjà 16 heures, ça va être compliqué. On décide néanmoins de pousser un maximum, malgré le froid qui n’en finit plus.

Puis soudain, au détour d’un virage, le soleil et la verdure nous pètent littéralement au visage ! 👀🌴, Incroyable ! C’est comme si une nouvelle journée débutait. La motivation refait surface ! On se surprend même à se tirer le bourre sur une petite route de montagne franchement cool à rouler!

On marque un arrêt afin que je check la carte, et des femmes arrivent de nulle part avec du thé et des gâteaux pour Clément et moi ! Je n’ai rien compris ! J’apprendrai d’ailleurs des mois après qu’il s’agirait d’une coutume, suite à la mort d’un proche. Malgré la tristesse de l’évènement, cela n’en reste pas moins une petite surprise du Maroc bien agréable, et touchante.

On finit la journée par la traversée d’un lac, où nous luttons pour trouver un endroit où dormir. On poussera sur plus de 50 km supplémentaires, avant de finir dans une auberge au pied de la cathédrale de Mastfrane. C’est grâce à une nouvelle rencontre sur le bord de la route que nous avons pu trouver ce superbe spot pour passer la nuit. Cet homme nous aura d’ailleurs proposé de manger et de dormir chez lui, mais il n’avait malheureusement pas assez de place pour nous deux.

 

LE MONT M’GOUN

WRéveil au niveau de la « Cathédrale » en pleine forêt, le long d’un cours d’eau. On attaque par une piste avec pas mal de dénivelé, elle est facile et traître à la fois. Disons qu’il vaut mieux ne pas en sortir. A force de grimper, on finit par atteindre des sommets enneigés, avec une vue des plus majestueuses. Le seul point négatif? La température! On a dû passer en dessous de 0°C!

Un véritable choc thermique… j’ai l’impression de voyager en plein hiver!

On redescend la vallée, et on traverse plein de villages. À 1000 lieux de notre civilisation. Comme si le temps était resté figé. Les gens nous regardent passer à moto, certains semblent méfiant.

Durant la traversée de l’un d’eux, je tombe dans un trou sur un bord de route, et m’écrase les poignées ainsi que la cage thoracique sur la moto. Je suis resté sur mes jambes, heureusement, car au fond il y avait 2 barres de fer. Clément ne m’a pas vu. Beaucoup de villageois s’approchent et me touchent ainsi que mes affaires. Je récupère mon souffle sans trop comprendre ce qu’il se passe. Je n’aime pas trop cette situation, alors je relève la moto et repars aussitôt tout en essayant de temporiser.

Je décide alors de passer devant, de profiter du paysage et de respirer. Les kilomètres s’enchaînent mais je n’ai pas l’impression d’avancer… disons que je subis aujourd’hui. Cela faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé.

La route devient de plus en plus propre, les jolies courbes s’enchaînent. Je pète 2 rapports et j’mets les gaz ! J’accélère le rythme, ça me permettra de réfléchir un peu moins, et de rester concentré sur l’instant présent, sans penser à la douleur, ni aux problèmes qui me pèsent parfois.

Malgré le fait qu’il faille rester vigilant, cette route est un pur plaisir à rouler!

Des moutons barrent la route au loin. Je ralenti et m’arrête pour que le berger prenne le temps de dégager la route. La moto calle et tombe par terre.

Il est vraiment temps que l’on s’arrête pour aujourd’hui. Le ciel se couvre fortement, et nous n’avons fait que la moitié du trajet. Mais en raison de la pluie, on décide de dormir à Demnate ce soir.

 

HAUT ATLAS: RETOUR DANS LE SUD DU MAROC

Départ de Demnate, le lendemain matin. Je vais mieux!

J’avais besoin de dormir un bon coup.
Départ 13h30, oui je sais, c’est tard. Mais on avait besoin de ce break.

Cap sur Ouarzazate : on attaque une route/piste de 140 kilomètres à travers la montagne.

Un léger accident avec les Africa Twin, entre Clément et moi, nous fera littéralement pleurer de rire ! C’est filmé ! (Épisode 10 de nos aventures au Maroc)

Des centaines de courbes et un peu de mécanique plus tard on arrive du côté de Ouarzazate!

Vient ensuite la route direction de Marrakech, ou la verdure refait surface.

On tente une percée dans la médina, mais ce fut une mauvaise idée. Les motos ont chaud ! Tellement chaud que l’Africa Twin de Clément commence à déconner. Obligé de la démarrer à la poussette. Régulateur ? Batterie ? On va devoir tirer cela au clair assez rapidement car dans moins de 2 jours, nous avons un ferry à prendre à Tanger Med, puis 1800 kilomètres de routes dans la foulée, de Algesiras à Paris avec les motos. En parlant de Tanger, on décide d’en prendre directement la direction. On rajoute 600 km de plus à ce qu’on avait prévu, mais les problèmes de moto de Clément penchent dans la balance. Elle fonctionne, mais pour combien de temps encore… Dans le doute, on décide de continuer et de prendre un peu d’avance sur le planning, au cas où il faudrait dealer avec une panne. On roulera durant une bonne partie de la nuit, jusqu’à en dormir à même le sol sur une aire de repos.

On arrivera sur Tanger Med sur les coups de midi, sur un joli spot de fin pour conclure ce trip au Maroc, une chose que l’on n’avait pas encore vu ici: la Mer!

Le Maroc est une destination absolument incroyable, d’un point de vu paysages, routes, ou encore pistes ! Les zones sont hyper diversifiées, on peut passer d’une zone verte à une zone morte en un rien de temps, avec les variations de températures, assez extrêmes que cela comporte parfois.

C’est la première fois que l’on met les pieds ici en Afrique, et même si ce n’est qu’un petit morceau, cela permet néanmoins de se rendre compte du gap entre ce que l’on nous raconte en Europe, et la réalité des choses ici

J’ai rarement eu l’occasion de croiser des gens aussi … gentils, sincères, avec une réelle intention de t’aider sans ne rien attendre en retour, et sans parler de la gratuité et l’authenticité des sourires de la population. Et ce malgré la misère observable dans certains villages. On a rencontré beaucoup de gens, avec des histoires toutes aussi touchantes les unes que les autres.
Balou et moi rentrons en Europe encore plus… conscients de la chance que nous avons d’avoir la situation dans laquelle on vit, et notamment en France.

Le Maroc est une destination à faire pour toute personne désirant vivre une aventure authentique, et surtout, humaine. Ici, pas de pression d’heures, de temps, on est dans l’échange, le vrai. Là où l’argent n’est que monnaie d’échange, et non de pouvoir.

“Je pense que l’on manque clairement d’équilibre dans notre quotidien, à tel point que les premiers jours au Maroc, tout nous paraissait suspect, bizarre… Mais on a fini par se rendre compte qu’ici, au Maroc, c’est tout l’inverse : l’inconnu intrigue, mais dans le bon sens du terme, ce qui engendre une conversation, un échange, et fini par créer un lien, une amitié, un souvenir et des sourires … Alors merci, tout simplement, à ce pays, à cette population, de nous avoir accueilli de la sorte, et montré à quel point nous avons tant à apprendre de vous, de par votre simplicité et votre gentillesse.
Choukran.”

 

Retrouve l’intégralité de cette voyage, en vidéo, sous forme d’épisodes et perdez-vous dans cette incroyable aventure.

Text, images & Video crédits: Black Market, Motorcycle Adventures Film Maker

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